Patricia Dallio - Frédéric Le Junter

Duo d'improviasation 
Patricia Dallio l Frédéric Le Junter 

Duo d’improvisation de deux artistes qui construisent des espaces sonore les plus inouïs et de manière débridée. Tous deux s’aventurent ensemble dans les méandres de textures sonores électroniques et acoustiques amplifiées.Frédéric Le Junter fabrique ses instruments, Patricia Dallio joue de l’Olitherpe. Leur conversation se revèle en public et ils ont beaucoup à nous faire entendre de leurs expériences sonores inventives communes et indépendantes.

" Dans la salle des consignes, un dialogue improvisé de 50 minutes entre deux complices se déploie aux oreilles des quelques professionnels présents et autorisés. Des sons organiques inattendus, simples ou complexes, extravagants et drôles parfois, miniatures ou titanesques, concrets ou électroniques: telle est la matière d’œuvre des deux artistes.

Patricia développe son univers à partir des sons qu'elle enregistre sur le champ à l'aide microphones miniatures, met en boucle et triture grâce à sa caisse à outil électronique de pédales d'effets : les doigts parcours le poste de pilotage de cet engin tapissé de potentiomètres et interrupteurs pour les distribuer et les mélanger en habiles dosages en réponse au discours de son partenaire.

Frédéric lui s'invente des tas de petites machines à moteurs qui jouent pour lui qui n'a que deux mains déjà constamment occupées à gratter, caresser, frapper, tordre, étirer, fouetter. C'est une fabrique de gestes de production de sons en direct qui n'est pas sans évoquer les manipulations d'objets sonores des débuts de la musique concrète. Pierre Schaeffer, sors de ce corps !!

Dans cette situation d'improvisation totalement revendiquée par le duo, l'écoute réciproque des deux comparses est indispensable au développement narratif de ce cinéma pour l'oreille. Les événements sonores s’enchaînent sur des rythmes polymorphes et les objets musicaux qui dégringolent des haut-parleurs s'amusent à amuser nos tympans par des voies pour nous imprévisibles. On ressort ébouriffés, ivres de sons de cet espiègle tour de manège.
                                                                                          Jean-Paul Merlin - Esox Lucius 

 
Frédéric Le Junter est un artiste atypique qui travaille au croisement de la musique, des arts plastiques et du spectacle. Mêlant créativité artistique et savoir-faire de bricoleur, ce sculpteur-musicien fabrique des machines mécaniques, curieux instruments de musique, au fonctionnement aléatoire, qui produisent mouvements, lumières et sons eux-mêmes aléatoires, hasardeux voire accidentels.
À travers son travail, Le Junter révèle cette dose d'inexactitude nécessaire au monde, comme l'hésitation naturelle de ses assemblages teintés d'humour, d'objets baroques, de myriades de détails ; une esthétique où coexistent intimement primitivisme et sophistication, éclatement de la matière, assemblages de savant fou. Un monde singulier et partageable. Les affinités avec d'autres artistes plasticiens y sont palpables : outre les Pierre Bastien et Pierre Berthet, on peut déceler des influences de Cy Twombly, de Réquichot, ou même de Groucho Marx qui gît là-dessous.

" Vers l'âge de 5 ans, j'ai été impressionné par les sons du port de Dunkerque, par la matière visuelle de ces immenses installations. Au même moment, je me suis mis à construire des objets en volume, en partant du carton et d'objets trouvés. Mon premier poste de radio, en 1967, me fait découvrir les groupes anglais de guitares saturées, c'est là que j'accroche avec la musique. À 28 ans, en 1984, j'ai recommencé le bricolage, et j'ai réuni différents champs qui m'occupent : la lutherie, la musique, la mécanique, les objets trouvés dans une première machine sonore. J'aime fabriquer des outils et des instruments sommaires qui ne me permettent pas une virtuosité mais plutôt de l'instabilité, des surprises, avec lesquels je pratique l'improvisation. " Frédéric Le Junter